UN NUMÉRIQUE PLUS RESPONSABLE ?

Le numérique fait partie intégrante de notre vie : accélération des échanges, besoins de réactivité et de simultanéité toujours croissants. Ce phénomène se traduit par une démultiplication des supports numériques (objets connectés…),une connectivité en évolution constante, et un débit vertigineux (5G). Toujours plus de services en ligne, de connexions, d’applications, explosion des données, etc. A titre d’exemple et comme le révèle le Baromètre du Numérique, menée conjointement par les jeunes entre 15 et 22 ans sont le plus équipés et les plus grands utilisateurs du numérique : 93 % des 12-17 ans possèdent un téléphone portable contre 70 % il y a dix ans ! Dans la même période, ce taux est passé de 97 à 100 % chez leurs aînés de 18 à 24 ans. Quotidiennement, nous utilisons Internet, écoutons de la musique et visionnons des vidéos en streaming, envoyons des mails, travaillons avec de multiples applications, sans vraiment nous poser la question de l’impact de ces actions sur l’environnement.Mais alors, pourquoi ? parce que l’immatérialité de ce domaine ne favorise pas notre perception des enjeux. Tout nous semble invisible et open bar.           

Notre usage technologique représente environ 4 %des émissions mondiales des gaz à effet de serre (celles-ci ont désormais largement dépassé celles de l’aviation civile). A l’échelle de la France, le numérique émet 5,2 %, et équivaut notamment à 6,2 % de l’énergie primaire française. Les appareils électroniques contiennent des substances toxiques nocives et sont composés d’un ensemble de plus en plus sophistiqué de matériaux. Un smartphone contient notamment une cinquantaine de métaux. Ces substances chimiques provoquent une pollution importante et de hauts risques sanitaires pour les travailleurs qui produisent ces appareils au moment de la fabrication ou qui les éliminent au moment du démantèlement. Les producteurs, pour la plupart, préfèrent, en externalisant les coûts, continuer de"concevoir pour la décharge". Gardons en tête qu’au moment où nous découvrons tel ou tel nouveau gadget, celui que nous venons de jeter empoisonne peut-être des familles en Inde, au Ghana, au Nigeria, etc. On observe quelques progrès sur le plan des déchets et de leurs collectes, mais on est encore loin du compte.

C’est pour toutes ces raisons qu’il est plus qu’urgent de faire comprendre à tous les publics qu’il est fondamental d’allonger la durée de vie du matériel, d’adopter une attitude éco-responsable lors de l’acquisition de nouvelles machines, en s’informant sur les matières premières nécessaires à sa fabrication, les conditions sociales et sanitaires dans lesquelles il a été fabriqué ainsi que sa consommation d’énergie.
Un numérique plus responsable passe par un questionnement permanent, par un refus de la passivité, des valses marketing hypnotiques et par la modération. Il ne faudrait pas hésiter à creuser ces questions, demander conseil ou se faire accompagner.
 
M.I.R, Conseil & Formation est à la disposition des entreprises et organisations pour sensibiliser et former sur ces questions.



Sources :
Agence du Numérique, l’ARCEP et le ConseilGénéral de l’Economie auprès d’un échantillon représentatif de la population française, juin 2016

Orgerie A.C., chargée de recherche au CNRS,<http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/article-l-informatique-emet-plus-de-gaz-a-effet-de-serre-que-laviation-36037.php#w0hmzoL0XCufbpQb.99>

ADEME, Réduire sa facture d’électricité, Agir !,juillet 2014
Impacts environnementaux du numérique en France, Etude iNum, juin 2020